Paris, le 16 juin 2011 Facebook diversifie ses activités : il nest plus seulement un réseau social ou encore un moteur de recherche, il devient également une plateforme dachat. En a-t-il seulement les moyens ?
Avec 500 millions d'utilisateurs, Facebook est une communauté dont lenvergure ne peut être ignorée. Cependant pour en faire un canal d'e-commerce viable, certains obstacles techniques et moraux devront être franchis. Toutefois il ne fait aucun doute que Facebook est devenu un point de contact, tout comme le téléphone portable à une autre époque. Aujourdhui Facebook est un outil dinfluence, et peut influencer les utilisateurs de diverses manières, notamment sur le lieu et le choix de lentreprise auprès desquelles ils effectuent leurs achats. De plus, son anodin bouton « Like » est une source dinformations incommensurable pour les entreprises car nombreux sont les consommateurs qui ne connaissent pas les diverses utilisations faites avec les données de leurs profils. Pourtant selon une récente étude du cabinet Forrester, les réseaux sociaux nont, pour le moment, pas permis aux entreprises de générer un revenu significatif ces deux dernières années.
Cependant cela ne les empêche pas dessayer car elles ne résistent pas à lattrait et à lexposition que représente Facebook. Elles recherchent donc les meilleurs procédés pour collecter le plus dinformations possible sur les utilisateurs pour mieux cibler leurs campagnes marketing et donc générer des ventes.
Oubliant que Facebook est avant tout un réseau social et non une plateforme de-commerce, certaines entreprises, Milyoni et Payment pour ne citer quelles, proposent déjà des offres de-commerce sur Facebook. Dans la réalité, leur offre ressemble à celle que proposait déjà hybris il y a dix ans : un chariot. Les entreprises souhaitent-elles faire une marche arrière de dix ans ? Toutes les données que ces entreprises collectent sont enregistrées dans des bases de données opérant en silos, ce qui rend difficile leur sauvegarde et leur synchronisation. De plus leur système étant simple et limité, il laisse peu de place au développement de nouveaux processus commerciaux et ne facilite pas linteraction avec les autres canaux de distribution online, mobile et les points de vente. Il y a également les exigences pour lopérateur de générer des profits, ce qui ce traduit par la prise dun pourcentage sur chaque transaction faite par lentreprise.
Les plateformes multicanales modernes peuvent héberger plusieurs sites au même endroit permettant ainsi au contenu dêtre présenté différemment sans compromettre la fonctionnalité de la plateforme. Les entreprises avant-gardistes peuvent ainsi tirer profit des deux « mondes » en reliant à une plateforme multicanale certains outils de Facebook. Lannonce faite récemment par Facebook du support par iFrames des onglets Facebook, permet aux plateformes multisites telles quhybris de proposer des sites à « thématique » Facebook à lintérieur de Facebook, avec toutes (ou du moins certaines) fonctionnalités développées et proposées par la boutique en ligne originale. Les transactions sont gérées par lentreprise, ce qui signifie quaucune marge nest redistribuée, et créer sa page Facebook devient facile car il suffit juste de modifier la mise en page du contenu. Un accès immédiat aux options Facebook telles que le moteur de recherche, la navigation et les données utilisateurs, est donc utilisable rapidement.
Les entreprises peuvent également utiliser Facebook pour accroître la visibilité des offres quelles font sur leur propre site web. Comme mentionné auparavant, le bouton « Like » peut-être une mine dor pour ces entreprises qui pourront ainsi rattacher le profil dun utilisateur à un produit ou service quelle propose. Il y a deux principaux avantages à ce procédé : le premier est que lentreprise connaît les envies des utilisateurs et peut veiller à ce que toutes les offres ultérieures et les informations produits quelle leur proposera correspondent à ces envies. Deuxièmement, grâce à cela lentreprise a aussi un accès direct aux nombreux contacts de lutilisateur. Ainsi les amis en cliquant sur le lien mis sur le mur de lutilisateur deviennent de facto de nouvelles « cibles » pour lentreprise, donnant ainsi à lentreprise loccasion de les convertir en acheteurs.
Parmi tous les « logins », le bouton « Login » de Facebook est celui dont les utilisateurs se souviennent le plus car cest le premier site dinteraction de leur choix. Et cest parce que cela leur convient quils ne sinquiétent pas du fait que cela donne accès à de précieuses informations sur eux et leurs amis ; informations que pourraient utiliser des entreprises afin de les influencer inconsciemment dans leurs achats. Il y a une ironie à cela, moralement douteuse, car les consommateurs peuvent considérer cette influence pertinente car elle répond à ce quils aiment et ce quils recherchent.
Se pose également la question des systèmes de paiement. Des entreprises telles que Google et Apple, disposant dune renommée mondiale, pourraient mettre en place des systèmes de paiement qui seront de facto acceptés comme des standards, et ainsi, permettre de rassembler plus dinformations indispensables sur les utilisateurs. PayPal y est parvenu, mais elle ne dispose pas du matériel et de la base de données dutilisateurs nécessaires, pour en faire un outil vraiment puissant pour les autres entreprises. Néanmoins lidée est là et elle est sans aucun doute dans la tête des plus grands acteurs du web.
Selon une étude du cabinet Forrester, les promotions et autres offres sur Facebook proposées par certaines entreprises ont généré des résultats. Cependant, selon cette étude, Forrester doute que les clients à forte valeur ajoutée puissent être ciblés via Facebook. De mon point de vue, Facebook est surtout un point de contact et un canal non négligeable pour les entreprises, tout en posant une question morale au fait daccéder à des informations personnelles et à lutilisation quelles en font. Actuellement il nexiste pas de législation qui régisse le secteur, bien que je mattende à ce que cela change dans peu de temps. Dici là les entreprises doivent réfléchir à la façon dont elles peuvent intégrer Facebook à leurs stratégies multicanales, tout en établissant leur propres règles morales.
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